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Voir la version complète : Elevage du Gros Bec.


maloute45
18/08/2008, 19h15
Je suis toujours en quête d'histoires sur les oiseaux,et j'ai rencontré un Amateur,qui à bien voulu me "commenter" son élevage avec des Gros-bec....

Elevage du Gros bec :

C'est à tord que l'on prête au Gros bec un caractére intolérant.
Il est vrai qu'il est plutôt méfiant vis à vis des autres oiseaux,et lorsqu'ils sont logés à l'étroit,ils oseraient certainement faire usage de leurs becs vigoureux !

Un conseil,ne placez surtout jamais d'autres oiseaux en compagnie de notre Gros bec dans votre cage de transport,même pas des congènères,car la peur,et non la méchanceté,l'inciterait bientôt à sectionner une parre par-çi par là !

Dans la nature,le Gros bec aime vivre dans les arbres,protégé par le feuillage.
Parfois,il se risque par terre,afin de chercher quelques vermisseau,où encore pour picorer les fruits tombés du cerisier,de l'aubépine,du charme,du houx de la cornouille,du prunellier,du taxus,de l'érable,du tilleul;du frêne,de l'aulne où du hêtre.
Il ose également s'attaquer à nos fruits et s'amuse à dénoyauter les cerises,pommes,poires,sorbes et mûres.
Il ne dédaigne pas non plus les semences de plusieurs mauvaises herbes,il s'en donne à coeur joie aux semis et surtout aux petits pois bien tendres,et rafolle d'un hanneton.

Voiçi ce que Gilbert nous raconte :

Un jour,on m'apporta deux oisillons Gros bec,qui par chance formaient un vrai couple.
Les petits étaient encore vêtus de duvet,et il à fallut les nourrir à "la brochette" (EAM).
Je leur donnai une pâtée faite de fromage blanc,chènevis moulu finement et larves de fourmis,en ajoutant de temps en temps un ver de farine.

Plus tard,lorsqu'ils commencèrent à picorer,je leur présentai du chênevis applati,des graines de tournesol,de jeunes petits pois décortiqués,du millet plat et du colza.
Les amandes de toutes sortes de fruits à noyaux leur étaient réservées.

Les jeunes Gros bec étaient extrêmement familiers et venaient chercher les friandises dans la main.
Ils s'entendaient très bien,partageant une petite volière extérieure placée près de la fenêtre,qui fut ouverte chaque fois que le temps le permettait.

Cette volière,qu'ils avaient à eux-seuls,mesurait 1,20m de long,sur 1m de haut et 0,75m de large.

Vers la mi-avril,le mâle commençait à s'intéresser à la femelle,qui lui mendiait de la nourriture en battant des ailes,à la façon d'un oisillon affamé !
Leurs gros bec s'entre-choquaient parfois,comme s!ils "s'embrassaient tendrement".
Bien que leurs becs avaient déjà pris la teinte bleu acier,je m'imaginais qu'ils n'en étaient qu'aux préliminaires de l'amour.
Mais après avoir constaté l'accouplement à plusieurs reprises,je me hâtai de leur apporter les matériaux adéquats,des rameaux pour former la base du nid sur les branches,des radicelles pour confectionner la cuvette et des fibres pour la tapisser intérieurement.
(Fibres = Pluches de pissenlit dont on a enlever les graines)

A peine les premiers matériaux furent-ils à leur portée que les oiseaux commençaient à casser et à plier les rameaux,afin de les assouplir.
Le mâle installa les premières brindilles sur les branches qui devaient supporter le nid.
Pour le reste,il se contenta de préparer les matériaux,que la femelle emportait sans relâche et qui,après deux jours,avaient pris la forme d'un nis assez plat.

Trois autres jours se passèrent avant l'apparition du premier oeuf : il était d'un bleu sale très pâle,tâcheté de brun foncé qui semblait appliqué par une plume capricieuse.
Les autres oeufs suivaient jour après jour,au troisième l'incubation commença.

Quelques jours plus tard,je vis que la femelle s'abreuvait,et j'en profitai pour jeter un coup d'oeil dans le nid.
J'y vis briller une nichée complète de cinq oeufs bien formés.
Le mâle nourrissait la femelle au nid,et restait toujours dans son entourage,souvent même sur le bord du nid,il s'emblait s'ennuyer royalement.

Lorsque les oeufs allaient bientôt éclore,il dérangea la couveuse,et l'un des oeufs fut perdu,un autre avait une fissure,et le jeune restait mort dans sa coquille.
Trois autres jeunes avaient une heureuse naissance.

J'isolai le malfaiteur dans une cage,que je pendis sur le côté de la volière.
Il s'en fallut de peu pour que cette initiative vint ruiner mes espoirs,maman Gros bec délaissa ses petits !

Enfin,je divisai la volière en deux,au moyen d'une cloison grillagée,et placai dans chaque partie l'un des oiseaux.
Maman Gros bec sembla s'en contenter,et s'en retourna couver ses petits.
Son "mari" la nourrissait à travers les barreaux,et quelques jours plus tard,j'eus la satisfaction de voir les trois jeunes,qui perchaient l'un à cùoté de l'autre sur une branche,caractérisés par leur courte queue et le duvet dressé bien haut sur le crâne.

J'enlevai la cloison de séparation et Papa s'affairait à longeur de journée pour nourrir sa progéniture.
Il venait même aider Maman,qui voulut faire une nouvelle tentative de construction,mais celà n'alla pas plus loin (d'ailleurs les Gros bec ne font pas,en général de seconde nichée).

Je me dois d'avouer que cet élevage,qui me donna trois beaux jeunes,avait marché,sans grandes difficultés.
Il est vrai que je disposais d'un couple d'oiseaux extraordinairement familiers.
Sans doutes faudrait-il pour des oiseaux adulte,disposer d'une volière extérieure bien plus grande,où ils trouveraient un endroit caché pour y nicher !

Ce qui serait encore plus intéressant,c'est d'essayer le croisement d'une femelle Gros bec indigène avec un mâle Gros bec exotique,dont trois espèces sont régulièrement importées(Pour les lecteurs,l'histoire de Gilbert s'est passée quand les oiseaux étaient encore disponible,à des coûts nettement inférieur qu'à l'heure d'aujourd'hui).

A qui l'honneur d'essayer cette hybridation,l'année prochaine ???

- Il devrait se procurer les oiseaux dès à présent,afin de leur donner l'occasion de bien se connaître avant la période de la pariade.


Gilbert,mon ami je te remercie du fond du coeur,au nom de tous les Membres APDC.

( çi-dessous ancienne reproduction de Gros bec...1960 ).

jéjé56
18/08/2008, 19h33
c'est une très belle anecdote Léon,merci de nous la faire partager

Corentin
18/08/2008, 19h50
Merci pour l'histoire.
C'est un oiseau "assez facile" à élever (bien sur, c'est n'est pas un simple canari) lorsque l'on trouve un couple qui s'entend bien. Si le couple de s'entend pas, rien n'ira.
Pendant l'élevage, il faut également leurs procurer un très grande quantité de nourriture animal. Les jeunes sont plus nourrit avec de la nourriture animale qu'avec des graines (presque pas de graines). Il est aussi préférable de donne le plus possible de nourriture animale vivante et non congelé...
Du fait de cette demande importante de nourriture animale, c'est un élevage très onéreux.

C'est un oiseau que j'aimerai bien élever un jour, lorsque j'aurais plus de place.

Jojo
18/08/2008, 20h25
Voici une photo de cet oiseau prise lors du Mondial 2008 d'Hasselt:

http://www.blog4ever.com/blogfichiers/108375/photos/5903114759108375231.jpeg


|slt:|
Grégory.

JEJE3194
20/08/2008, 09h21
Un grand merci pour le partage de cette histoire d'un passionné.